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La parabole de la bineuse

J’étais donc là, entouré de feuillages jaune, rouge, bronze, marchant avec mes bottes dans cette terre fraîchement remuée en évaluant le travail de l’outil et, vous n’allez pas me croire, je pensais à vous ! Oui, je pensais à vous et à ce que je vous disais au printemps à propos des équilibres naturels. Cet outil va dans ce sens mais il ne s’agit pas du tout d’un appareil classique !

Je peux vous embêter avec un peu de technique viticole ?

Le désherbage chimique a ses limites, certaines molécules (de plus en plus réglementées) ont des durées de vie très longues et peuvent être retrouvées dans les eaux, de plus, les sols en pente, comme la majorité des vignes de Bujan, se retrouvent lisses, sans couverture végétale et deviennent trop sensibles à l’érosion.

Le labour traditionnel, très dispendieux en temps (et en argent), travaille inutilement une grande épaisseur de sol ce qui rend les parcelles impraticables après une pluie ; certains travaux urgents (vendanges par exemple) peuvent en être gravement perturbés !

C’est pour mieux respecter tous ces équilibres qu’intervient mon mirifique outil : il s’agit d’une bineuse adaptée à la vigne qui travaille le sol avec des lames horizontales. La terre est travaillée sur les dix premiers centimètres qui concentrent 80% de la vie du sol et les racines des plantes indésirables sont coupées sans pitié.

Je voulais vous faire comprendre à travers cet exemple palpitant de la bineuse que rechercher un équilibre durable ne signifie pas du tout pour moi un retour à un passé supposé idyllique.

Obstinément, et à l’écart des discours dans lesquels l’affectif, la mode, l’empirisme voire la peur de l’avenir tiennent lieu de raisonnement, nous continuons, en puisant dans les connaissances scientifiques à notre disposition, à expérimenter, à innover pour rester fidèle à l’idée que nous nous faisons du vin.

 


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